Professionnels et numérique éthique : comprendre et agir

Date de publication : mars 19, 2026
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Le 26 février 2026, la FRMJC Bourgogne Franche Comté organisait une journée interprofessionnelle sur le thème « Comprendre et pratiquer un numérique éthique » à la MJC-CS Bourroches.

Cette journée proposée par Dijilink a rassemblé des professionnels et acteurs dijonnais de différents secteurs souhaitant mieux comprendre les enjeux du numérique et découvrir des alternatives plus respectueuses des utilisateurs, des données et des organisations.

Une matinée pour comprendre les enjeux du numérique éthique

La matinée a débuté par un débat mouvant pour évaluer la vision et les connaissances des participants. Puis une présentation introductive réalisée par Laurent Costy, administrateur de l’association April et coopérateur chez Coopaname, avec Cl@irière, collectif qui forme et accompagne les structures de l’économie sociale et solidaire, dans la migration vers des systèmes informatiques respectueux des utilisateurs et utilisatrices.

Celle-ci a permit de poser les bases du numérique éthique et de ses implications dans les pratiques professionnelles. Plusieurs thèmes ont ainsi été abordés durant cette présentation :

• les impacts sociaux et environnementaux du numérique
• la question de la captation des données et de la dépendance aux grandes plateformes
• l’importance de reprendre la maîtrise de ses outils numériques
• le rôle des logiciels libres et des communs numériques dans une démarche plus éthique

L’objectif de ce temps était d’ouvrir la réflexion et de mettre en lumière les enjeux souvent invisibles liés aux usages numériques quotidiens, notamment ceux liés au cadre professionnel.

Les 4 libertés essentielles du logiciel libre

Des repères pour comprendre les piliers d’un numérique éthique

Voici quelques notions à retenir de la présentation de la matinée qui permettent de mieux comprendre ce que recouvre le numérique éthique et les leviers pour agir.

Les logiciels libres

Les logiciels libres constituent un pilier essentiel du numérique éthique. Contrairement aux logiciels propriétaires, ils offrent plusieurs libertés fondamentales aux utilisateurs :
utiliser le logiciel librement
• accéder à son code source
• le modifier pour l’adapter à ses besoins
• le partager et le redistribuer

Ces caractéristiques permettent de renforcer la transparence et la maîtrise des outils numériques, tout en évitant certaines formes de dépendance vis-à-vis de grandes plateformes ou éditeurs. Les logiciels libres favorisent également l’innovation collaborative, puisque chacun peut contribuer à leur amélioration.

Les logiciels libres sont souvent confondus avec les logiciels gratuits : pourtant, le terme « libre » ne signifie pas nécessairement gratuit, mais renvoie surtout aux libertés d’utiliser, de modifier et de partager le logiciel grâce à l’accès à son code source.

Les communs et les communs numériques

Les communs désignent des ressources partagées, gérées collectivement par une communauté selon des règles définies. Dans le domaine du numérique, on parle de communs numériques pour désigner des ressources accessibles à tous et conçues pour être utilisées, modifiées et enrichies collectivement (logiciels, bases de données, contenus ou connaissances…).

Les communs numériques jouent un rôle important dans l’écosystème numérique éthique, car ils favorisent l’accès au savoir, la transparence et l’autonomie des utilisateurs et des organisations.

Les métadonnées

Les métadonnées sont des données qui décrivent d’autres données. Par exemple, lorsqu’un document, une photo ou un fichier est créé, il peut contenir différentes informations comme la date de création, l’auteur, la localisation ou le type d’appareil utilisé. Souvent invisibles pour les utilisateurs, ces informations peuvent néanmoins révéler de nombreux éléments sur les pratiques numériques ou sur les personnes qui produisent les contenus.

Des applicationss comme Exodus Privacy vous aident à savoir quels sont les pisteurs et permissions embarqués dans les applications installées sur votre smartphone.

Dans une démarche de numérique éthique, il est donc important de comprendre quelles données sont produites et partagées automatiquement, afin de mieux maîtriser la circulation de l’information.

Des ateliers pour passer à la pratique

L’après-midi était consacré à des ateliers participatifs, afin de permettre aux participants de repartir avec des outils concrets.

Deux ateliers étaient proposés :

Découverte d’alternatives

Cet atelier animé par l’association Desobsolescence permettait de découvrir des alternatives libres à certains outils numériques couramment utilisés, et celles-ci ne s’arrêtent pas qu’aux logiciels.
Au-delà de remplacer vos logiciels par des logiciels libres de droit, comme Microsoft Word par LibreOffice, saviez-vous que Windows n’est pas le seul système d’exploitation pouvant être installé sur votre ordinateur ? En effet, des alternatives libres de droit comme Linux Mint existent et fonctionnent de manière très similaire, offrant ainsi un contrôle total sur votre environnement informatique.

Les participants ont également pu tester eux-mêmes certaines de ces alternatives, pour se familiariser concrètement avec ces outils et comprendre leur fonctionnement. Cet atelier permettait de prendre conscience des choix disponibles pour un numérique plus éthique et maîtrisé.

Découverte de logiciels libres à la journée interprofessionnelle numérique éthique

Comment plaider et mettre en œuvre un numérique éthique

Ce second atelier a débuté par une animation de Laura Fonteniaud de la FRMJC Bourgogne Franche Comté et abordait la dimension organisationnelle du changement : comment réaliser une transition numérique dans un contexte professionnel ?

L’atelier a d’abord été consacré à un moment d’échange et de réflexion en groupes. Les participants ont exploré plusieurs questions clés : quels sont les freins au changement ? Quels arguments sont les plus efficaces ? Quels leviers peuvent faciliter cette transition ? Trois axes essentiels ont été examinés : l’humain, l’organisationnel et le technico économique.
Cette réflexion a conduit à plusieurs constats :

• La transition vers un numérique plus éthique doit être progressive et accompagnée par des personnes disposant des ressources nécessaires, tant en connaissances qu’en matériel.

• Chaque acteur du changement doit adopter une position de médiateur, en accompagnant et en éduquant sans culpabiliser.

• Les arguments utilisés pour plaider cette transition doivent mettre en avant à la fois les valeurs et les aspects économiques.

• Enfin, il est essentiel que les institutions et organisations prennent la main sur ce processus pour assurer son déploiement durable.

Dans un second temps, Laurent Costi a présenté plusieurs initiatives œuvrant pour un numérique plus éthique, telles que CHATONS, Framasoft, Benevalibre ou Emancip’Asso, illustrant concrètement les pratiques et solutions possibles.

Aller vers un numérique éthique à l’échelle individuelle et professionnelle

Adopter un numérique plus éthique ne repose pas uniquement sur les outils, mais aussi sur les pratiques et les choix des utilisateurs et des organisations.

À l’échelle individuelle, chacun peut commencer par :

  • se questionner sur ces usages
  • se renseigner sur ses logiciels et application, ainsi que sur les alternatives libres
  • être porte-parole dans la sphère proche

À l’échelle professionnelle, les organisations peuvent également agir en :

  • évaluant les impacts de leurs outils actuels
  • questionnant leurs usages numériques pour identifier ce qui peut être optimisé ou remplacé
  • intégrant des critères éthiques dans leurs choix technologiques et leurs appels d’offre
  • formant et sensibilisant leurs équipes afin que chacun comprenne et adopte de bonnes pratiques


    Ces démarches participent à renforcer l’autonomie numérique et à construire un environnement numérique plus transparent et durable. La transition vers un numérique éthique se construit pas à pas, mais elle est pleinement accessible à chacun et à chaque organisation prête à s’engager. Dans cette perspective, Dijilink ne se limite pas à l’apprentissage et à l’adaptation aux outils numériques : nous cherchons également à outiller les professionnels, questionner les usages et développer l’esprit critique, afin de permettre à chacun de mieux comprendre et maîtriser son environnement numérique.

Vous avez une idée à développer, un savoir-faire à partager ou un besoin en numérique ?

Dijilink est fait pour ça : co-construire des projets concrets (outils, services, événements), mutualiser les ressources et les compétences avec des partenaires motivés, et agir ensemble sur des enjeux comme l’inclusion, l’innovation responsable ou la transition numérique.

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